serveimage

Le premier mai, mais quoi ?

601955 518267141552687 1359166205 n

 

On nous parle d’acquis sociaux, nous devrions plutôt parler de conquis sociaux, parce qu’il faut le rappeler, rien nous a été donné. Ce sont les luttes sociales, qui ont permis d’acquérir ce que nous avons aujourd’hui.

 

 

 

Des femmes et des hommes, se sont battus pour obtenir les droits dont nous bénéficions.

Tout d’abord, un petit retour en arrière s’impose pour découvrir ou redécouvrir un peu notre histoire.

Il y a plus de 200 ans, les machines commencent à changer complètement la manière de fabriquer des produits. C’est le début de la révolution industrielle en Europe et aux Etats-Unis. Pour faire tourner l’industrie, il faut beaucoup de travailleurs. C’est la naissance de la classe ouvrière.

Les travailleurs vivent dans la misère. Ils travaillent 15 à 16 heures par jour. Pendant la première moitié du 19e siècle, les ouvriers ne peuvent pas ou ne savent pas comment réagir.

Les patrons ont tous les pouvoirs. Quand des ouvriers réclament de meilleures conditions de travail, quand ils font grève ou quand ils manifestent, la police et l’armée rétablissent l’ordre presque toujours avec violence. Mais peu à peu les ouvriers s’organisent. Ils créent des mouvements et des associations, des partis, des syndicats.

En 1864, l’Internationale est créée. C’est la première Association internationale des travailleurs. L’Internationale veut influencer et orienter les luttes locales et nationales vers l’internationalisme. Pour gagner, il faut unir les forces du mouvement ouvrier.

En 1866, c’est le premier congrès de l’Association internationale des travailleurs. On y pose le principe de la journée de 8 heures de travail. Les syndicats américains réclament la journée de 8 heures le 1er mai 1886. Pourquoi le 1er mai ? D’abord parce que dans beaucoup de pays, le 1er mai c’est l’arrivée du printemps et le renouveau de la nature. Et surtout parce que dans plusieurs Etats des Etats-Unis d’Amérique, c’est, à l’époque, le jour de la fin des contrats de travail avant l’engagement de nouveaux ouvriers. On disait aux travailleurs : « jour de mai, jour de paie, prends tes affaires et va voir ailleurs »

Le 1er mai 1886, aux Etats-Unis, 300.000 ouvriers sont en grève. A Chicago, ce jour-là, 80.000 ouvriers manifestent. La police tire et tue des ouvriers. La tension monte dans la ville. Le 4 mai, les travailleurs organisent une grande réunion politique avec discours : un meeting.

La police intervient à nouveau. Une bombe éclate et tue des policiers. Les policiers tirent dans la foule. Ils tuent 7 ou 8 ouvriers. On ne sait pas qui a jeté la bombe. Le lendemain, les patrons et la police voient chaque ouvrier comme responsable des violences. Mais pour les patrons et la police, il faut des coupables. Huit dirigeants du mouvement ouvrier sont condamnés sans aucune preuve : 4 seront pendus, un autre se suicidera. La « bonne » société voulait donner un exemple.

Pour les classes privilégiées de l’époque (les patrons et les bourgeois), les ouvriers étaient coupables de lutter ensemble pour améliorer leur vie dans leur pays et dans le monde.

Le 1er mai de Chicago marque les esprits. En juillet 1889, l’Association internationale des travailleurs fait du 1er mai un jour de lutte et de manifestation. A partir de cette date, le 1er mai devient un symbole. De plus en plus de travailleurs refusent de travailler le 1er mai et revendiquent. Souvent la police intervient violemment contre les manifestants.

Dans les années 1920, les travailleurs obtiennent des lois sur les 8 heures de travail par jour: 8 heures de travail, 8 heures de sommeil et 8 heures de temps libre pour la culture et le délassement.

Dans les années 1930, il y a eu, par exemple, des lois pour les congés payés. A la même époque, il y a eu de grands rassemblements contre le fascisme et le nazisme. Juste après la fin de la 2e guerre mondiale, le 1er mai devient un jour de congé payé dans plusieurs pays: en 1947 en Belgique, en 1948 en France,…. On fête le 1er mai dans plus de 170 pays.

Qu’en est-il de nos jours ?

En Europe, depuis la crise financière de 2008, presque tous les gouvernements diminuent les budgets sociaux et offrent moins de services à la population. Cela aggrave la crise et augmente encore le chômage. De plus en plus de gens sont désespérés. En Espagne, des chômeurs, endettés, menacés par les huissiers, se suicident ou tentent de se suicider. En Italie, un maçon au chômage a tiré des coups de feu devant le siège du gouvernement. Le 24 avril 2008, un immeuble s’effondre au Bangladesh, pays pauvre d’Asie du Sud. Il y a près de 400 morts et 900 disparus. Les victimes sont pour la plupart des ouvrières. Pourtant, on savait que l’immeuble n’était pas solide. Mais les patrons ont préféré continuer à faire travailler les ouvrières qui confectionnent les vêtements des grandes marques occidentales.

Le Bangladesh est le 2e eportateur mondial de textile derrière la Chine. 3,6 millions de personnes travaillent dans ce secteur. Ce sont surtout des jeunes femmes. Pour 30 euros par mois, elles fabriquent des vêtements pour de grosses entreprises européennes et américaines. Elles n’ont pas de protection, pas de droits sociaux, pas de sécurité.

Un peu partout dans le monde, il est toujours nécessaire de lutter pour avoir un travail avec un salaire juste dans un environnement décent. Le 1er mai est l’occasion de le rappeler. Une vieille histoire qui est toujours d’actualité !

Plus que jamais, le combat continue !

Les attaques contre les salaires, l'index, les pensions, les services publics (services rendus aux citoyens), les soins de santé, le chômeur (qui ne demande rien de plus que du travail), la sécurité sociale, l'allongement de carrière .... C’est un véritable hold-up sur les « conquis sociaux » obtenus par nos aïeuls et que nous risquons de perdre si nous ne faisons rien.

Plus que jamais nos luttes sociales, sont d’actualité, plus que jamais le combat sera dur et long. Nous devons prendre conscience et prendre exemple sur ces personnes qui se sont battues pour nos droits !

Le 1er mai est le symbole des luttes ouvrières du passé. Mais en 2016, il sera celui de la lutte contre la crise, le chômage et l’exploitation des populations.

Le 1er mai est un jour de fête. Un jour de fraternité et de camaraderie. Fraternité et camaraderie entre celles et ceux qui, dans le monde, manifestent pour le progrès, l’égalité, la solidarité et la liberté.

Le Mouvement de Gauche, est plus que solidaire de la lutte des travailleurs et des plus faibles.

En ce 1er mai, nous ne lâcherons rien !