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Quand la Charia s'invite à l'université...

Finance islamique

 

Ce jeudi 19 février 2015, Michel De Wolf, doyen de la Louvain School of Management expliquait pourquoi l'UCL lançait un diplôme en finance islamique : « Nous ne sommes pas une université épiscopale. Nous avons une ouverture totale. Depuis toujours, nous portons les valeurs humanistes et celles liées à l'éthique qui sont des valeurs qu'on retrouve dans la finance islamique. »

 

 

La finance islamique est basée sur les principes de la loi islamique autrement dit la Charia qui impose justice, équité et transparence. Ses pratiques puisent leurs sources dans la révélation divine tout en s'inspirant des pratiques économiques et financières à l'époque du prophète Mahomet.

L’islam interdit les transactions tant civiles que commerciales faisant recours à l'intérêt ou à la spéculation sous peine de subir la guerre de la part d'Allah et de Son Messager.

Dans chaque banque islamique, il y ce que l'on appelle un Charia Board qui vérifie si l'opération est conforme au principe de la loi religieuse.

Avoir recours à l'éthique dans les transactions financières, qui pourrait s'en plaindre, certainement pas une formation progressiste de gauche.

Néanmoins, nous ne pouvons tolérer la banalisation du recours à un texte qui se voudrait être de référence tel le Coran.

Aujourd'hui, l'UCL tente de nous convaincre qu'il est utile et nécessaire d'étudier la Charia parce que la finance islamique représente beaucoup de capitaux tirés des revenus pétroliers.

Demain, il sera question d'admettre dans le droit de la fiducie, les principes de la Charia, afin de pouvoir émettre des produits conformes à l'éthique musulmane.

Loin de dénoncer l'immoralité du système financier sur des critères humanistes et objectifs, cette initiative ne vise qu'à instruire qu'on peut utiliser la croyance religieuse comme une opportunité économique parmi d'autres, qui peut générer du profit et de l'activité. C'est une dérive très dangereuse pour notre société.

 Au sujet de l'initiative de l'UCL, 2 questions se posent :

1/ Est-ce le rôle d'un enseignement universitaire subsidié par la collectivité d'enseigner que l'asservissement aux dogmes religieux est une opportunité économique ? 

2/ Jusqu'où va nous mener l’ingérence du religieux sur le terrain académique ? La religion commence à s'immiscer dans des matières non philosophiques pour partir à la conquête des sciences sociales. Aujourd'hui l'Economie. Demain le Droit et la Psychologie. Et, qui sait, après demain, la Biologie et toutes les sciences exactes à revisiter sous un nouvel angle de vue : la vision surnaturelle.

Par cette dérive communautariste et opportuniste, l'UCL trahi la mémoire de tous les scientifiques qui ont dû lutter et parfois payer de leur vie pour que l'humanité puisse progresser en s'affranchissant de l'obscurantisme religieux.

La séparation entre les Eglises et l'Etat ne peut souffrir de l'introduction des principes du Coran, de la Bible ou de la Torah.

Il ne s'agit pas de jouer les Cassandre mais la vigilance doit être de mise contre les dérives communautaires de tout horizon.

Seule la laïcité permet de dégager des règles communes ne favorisant aucune religion, tout en respectant les femmes et les hommes qui les pratiquent, et ce, dans l'objectif d'un meilleur vivre ensemble.