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Apéritif de la fin d’un monde

logoMG 155pxNous sommes tous responsables de l’arrivée des nombreux demandeurs d’asile car nous consommons tous du pétrole islamiste, car nos dirigeants ont participé à déstabiliser le Moyen -Orient, car nos GSM contiennent des minerais extraits dans des conditions pitoyables en Afrique, car les plus riches pillent les ressources naturelles de la terre.

Les causes de ces exils sont multiples et participent à une situation géopolitique complexe qui place les Etats européens à la botte de l’impérialisme américain.

Aujourd’hui, nous récoltons les graines semées en Libye, en Irak, en Syrie...

Demain, notre mode de surconsommation nous explosera au visage et le défi majeur sera celui des réfugiés climatiques.

Charles Michel, premier ministre belge, nous la joue « droitdel’hommiste » pendant que Theo Francken, secrétaire d’Etat belge en charge de l’asile et la migration, n’assume pas sciemment son ministère. Aurait-il oublié que la Belgique est signataire de la convention de Genève ? Peut-il imaginer un instant le parcours d’un demandeur d’asile pour oser lui faire subir un accueil moyenâgeux ?

Pendant ce temps, les propos nauséabonds fusent dans l’électorat de droite mais aussi de gauche. Les SDF deviennent, bien malgré eux, un bouclier de choix contre les « invasions barbares ».

L’Europe improvise : tantôt on ouvre, tantôt on ferme les frontières au gré des desiderata d’Angela Merkel, chancelière allemande, pendant que Viktor Orban, premier ministre hongrois, dévoile son fascisme primaire.

L’extrême droite tire les marrons du feu en distillant cette opposition irrationnelle entre ceux qui fuient l’enfer et « nos » pauvres.

Le patronat se réjouit de cette arrivée massive de main-d’œuvre taillable et corvéable à merci et obtiendra du gouvernement qu’elle soit opérationnelle administrativement. Les organisations syndicales devront défendre les droits sociaux de ces travailleurs immigrés pour eux et pour éviter une pression salariale sur les autochtones.

Le seul point positif de cette crise est l’accueil et le soutien populaire qui s’organisent envers et contre tout. Il ne s’agit pas de faire la charité mais de s’approprier la vacuité politique. C’est un début. Après l’accueil des réfugiés, les femmes et les hommes que nous sommes se rendront compte qu’il n’y a rien à attendre d’un gouvernement des droites lui-même encadré par une Europe où il n’est pas possible de développer une vision de la société où l’intérêt général doit primer.