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Loi Peeters ...Imbuvable !

nrxlgmpUUmY22SrHLh76 a3GZCwNotre gouvernement d’ultra-droite, demande encore plus de flexibilité, alors que certains travailleurs sans emploi sont laissés de côté. Cette situation est imbuvable !

Le socle prévoit l’annualisation du temps de travail. Pour permettre aux entreprises de s’offrir plus de souplesse, selon les cycles d’activité, le temps de travail ne sera plus calculé par semaine (un contrat de 38 heures/semaine) mais par an.

 

Concrètement cela signifie que l’horaire moyen de travail va passer de 38 à 40 heures par semaine dans le meilleur des cas, voire 45 à 50 heures et plus, si on y ajoute les heures supplémentaires possibles au-delà des 143 h en fonction des conventions sectorielles particulières.

Il y a bien sûr des dérogations mais les heures supplémentaires sont soumises à une réglementation générale assez stricte. Le nombre d’heures supplémentaires possibles est limité par périodes de 3 mois ou un an selon les secteurs. Cette limite dite « limite interne » implique que lorsque le quota d’heures supplémentaires est atteint, le travailleur doit récupérer ses heures supplémentaires en jours de repos. Cette limite interne constitue donc une garantie pour le travailleur de se voir accorder des repos réguliers pour éviter des surcharges de travail.

Ces limites sont de 78h par trimestre, 91h si la période de référence est d’un an, 130h via une CCT d’entreprise ou une modification du règlement de travail (selon une procédure spéciale), ou encore de 130 à 143 heures via une CCT sectorielle. Avec des régimes particuliers dans la construction : 180 heures, et dans l’Horeca: 300 à 360 heures.

C’est une manière de plus de court-circuiter la concertation sociale. Le travailleur se retrouvera seul face à son employeur. On est une nouvelle fois dans le sens des revendications des employeurs.

Le ministre affirme que cela permettra aux gens de choisir quand travailler plus et quand travailler moins, en fonction de leurs envies et de leur vie privée. C'est totalement faux. Vous n'aurez pas le choix, vous subirez !

Prenons l'exemple de l'Horeca qui fonctionne déjà sur l'annualisation du temps de travail. Quand on a  des enfants, il est beaucoup plus intéressant de travailler moins lors des grandes vacances scolaires, pour passer du temps en famille. Pourtant, c'est la période du soleil et des terrasses. Dans les faits, aucun patron de l'Horeca ne permet à ses employés de prendre du temps pour eux à cette période-là, d'autant plus que de nombreux chercheurs d'emploi accepteraient cet emploi pour sortir de la précarité. Ce ne sont donc pas les besoins des employés qui définiront leur horaire de travail, mais plutôt ceux de l'employeur !!!

Le travailleur ne pourra jamais décider quand il pourra travailler plus, et quand il va récupérer ses heures. C’est une mesure de flexibilité très claire pour l’employeur, qui pourra à tout moment, décider quand le travailleur devra faire plus d’heures, et quand il ne pourra pas l’occuper, il devra récupérer ses heures. Le tout, sans plus aucun contrôle possible au niveau de l’entreprise. Le contre-pouvoir au sein d’une entreprise n’aura plus aucune force pour défendre les travailleurs.

Il y a déjà toutes les mesures « pension », n’offrant aucun respect de la concertation sociale, et la loi de 96, celle qui définit d’une part l’index, les barèmes, et la marge de négociations dans les entreprises et les secteurs, sont mis à mal et vont dans le sens voulu par les employeurs. C’en est trop !

L'avenir de nos jeunes est en jeu car ils seront les travailleurs de demain. Combien d'entre eux feront du temps partiel ? Combien d'entre eux ne trouveront pas d'emploi ? Combien d'entre eux seront obligés de travailler 45 h ou 50 h par semaine par crainte de perdre leur emploi, d'être au chômage et de ne pas pouvoir participer à la construction de notre société ?

Une alternative est possible. Il est plus que temps d'oser ouvrir le débat sur la réduction collective du temps de travail pour que chacun puisse travailler et participer à la construction de notre société, tout en ayant la possibilité d'avoir une vie culturelle, sportive et citoyenne riche. La Loi Peeters représente au contraire le retour vers le 19e siècle. Certains travailleront plus, et d'autres  n'auront pas d'emploi, ce n'est pas la société que nous voulons !!! Exclure les plus faibles d’entre nous est intolérable ! Ce gouvernement met de plus en plus en place, ce que le TTIP nous imposera !

Nous ne voulons de ce modèle de société !!!

L'intérim à vie comme seul avenir pour une partie de la jeunesse !

Ce que propose Kris Peeters est  la possibilité de signer un contrat à vie avec une agence d'intérim, qui donnera des "missions" à ses employés. En cas de refus d'une de ces missions, l'employé rompra le contrat et perdra tout droit aux allocations de chômage.

En 2015, la Belgique comptait 100 000 travailleurs intérimaires à temps plein. En sortant des études, voire même pendant leurs études, de nombreux jeunes passent par la case "intérim" car le manque d'emploi sur le marché du travail augmente les critères nécessaires à l'obtention d'un emploi, notamment une expérience de travail, que les jeunes ne peuvent trouver que via ces jobs flexibles et instables.

Avec cette mesure, les jeunes seront obligés d'accepter n'importe quel job, même très éloigné de leurs compétences, loin de chez eux, ou encore avec des horaires pénibles. Ce contrat « précaire-à-vie » rendra presque impossible la possibilité d’ une vie sociale riche, que ce soit en développant des relations sociales fortes avec ses collègues ou en ayant la possibilité de prévoir d'aller à un concert ou à un repas de famille sans avoir peur de devoir l'annuler en dernière minute. S’il peut être enrichissant pour de jeunes travailleurs d'avoir la possibilité de changer d'emploi afin de découvrir différents secteurs et acquérir de l'expérience, avec la Loi Peeters, les travailleurs intérimaires ne pourront plus choisir leur emploi, ils seront ballottés d'un contrat à l'autre selon les besoins des employeurs.

Notre génération risque bien de devenir la génération burn-out !

L'augmentation du temps de travail à 45 heures par semaine, l'intérim à vie, les changements d'horaires, les changements de lieux de travail et de collègues risquent de détériorer la qualité de notre bien-être au travail, mais également notre vie privée. Prévoir des activités culturelles, sportives ou citoyennes deviendra de plus en plus difficile. Instaurer une soirée par semaine entre amis ou simplement pouvoir aller chercher soi-même ses enfants à l'école chaque jour deviendront de plus en plus difficile. Nous vivons de plus en plus pour travailler, au lieu de travailler pour vivre.

L'incertitude et la précarité permanentes peuvent être à l'origine de mal-être au travail, de stress, de fatigue voire de burn-out. Le burn-out, ou l'épuisement professionnel, c'est être victime d'une fatigue intense, ne pas se sentir capable et penser que l'on n'a aucune utilité. Et d'après les statistiques de l'INAMI, les cas de dépression et de burn-out ont déjà presque triplé entre 2007 et 2014.

La stabilité de l'emploi et de vie est un facteur primordial pour la santé des travailleurs. Mais notre gouvernement, avec cette loi comme point d'orgue, nous promet la précarité de l'emploi et l'incertitude du lendemain.

Pour le Mouvement de Gauche :

Il faut oser d’ouvrir le débat sur la réduction du temps de travail !

Faire travailler certains plus, et d'autres qui n'auront pas d'emploi, ce n'est pas la société que nous voulons !

Alors qu'on demande toujours plus de flexibilité, le temps de travail n'a plus été réduit depuis très longtemps alors que d’importants gains de productivité ont été réalisés.

S'il faut encore moderniser l'organisation du travail par de nouvelles réformes, cela ne pourra se faire que dans le cadre d'une réduction généralisée du temps de travail. D'une part pour préserver la qualité de vie et la santé des travailleurs mais aussi et surtout pour permettre à un plus grand nombre de citoyens d'avoir accès à un emploi de qualité.