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C'est arrivé près de chez nous!

Le Mouvement de Gauche condamne la répression en Turquie et dénonce la frilosité de la diplomatie belge.

 

drapeau turc 

La situation en Turquie est alarmante. La répression du coup d’État manqué prend des allures de véritable purge. L'ampleur des arrestations et des destitutions dans la justice, la police et l'armée est interpellante. La vitesse de réaction de l'administration Erdogan prouve au moins une chose : cette répression était planifiée depuis longtemps et la tentative de coup d’État n'aura été qu'un prétexte pour confisquer encore un peu plus la démocratie turque.

La suite du programme que nous propose Mr Erdogan est tout sauf rassurante : l'accélération des réformes constitutionnelles pour renforcer son pouvoir présidentiel, l'ouverture du débat sur le rétablissement de la peine de mort, la poursuite de la purge de tous les secteurs de l’État, la volonté d'écraser le peuple kurde, l'islamisation de l’État.

Par les actes qu'il pose depuis des années, notamment autour de la négation du génocide arménien et la guerre menée aux Kurdes, la traque des laïcs et des progressistes, Erdogan montre qu'il cherche à rentrer dans l'histoire en effaçant le père de la nation turque, Mustafa Kemal.
Peut-être son but ultime est-il de rétablir un ersatz d'empire ottoman dans lequel il pourrait être le nouveau Sultan qui établira un nouvel ordre du fascisme islamique mondial.

Face à cette situation, le silence de la diplomatie belge est assourdissant. Après les déclarations pour condamner le coup d’État – qui soit dit en passant revendiquait comme raison la nécessité de rétablir la démocratie, les libertés et les droits de l'homme – plus aucune déclaration pour condamner la répression qui prend des formes démesurées puisqu'au-delà de l'armée et après avoir mis sous tutelle la presse, c'est à présent la justice, l'administration et même le secteur de l'enseignement qui sont visés.

Ceci est dans la droite ligne de la politique communautariste menée par les grands partis : nos édiles préfèrent garder le silence face à des crimes d’État pour ne pas heurter une frange de leur électorat d'origine turque qui pourrait se trouver sous le charme de cet Erdogan là : un homme fort qui exerce un pouvoir fort et cultive une certaine vision de la fierté nationale.

Le Mouvement de Gauche témoigne de son soutien au peuple turc. Plus particulièrement, la moitié du peuple qui s'oppose à la politique autoritaire menée par l'AKP d'Ergodan et qui, à présent, a sans doute peur et va subir les répressions. Le Mouvement de Gauche soutient ses camarades du parti HDP et tous ceux qui veulent une autre Turquie que celle dont rêve Erdogan : les progressistes, les Kurdes, les partisans d'un Etat laïc, les défenseurs du droit des femmes... et les démocrates.