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A qui profite le crime ?

Financement terrorisme

Le Mouvement de Gauche présente ses condoléances aux familles des victimes des attentats de Paris et à tous les citoyens qui vivent cet acte de terrorisme ignoble comme une attaque directe de leur sécurité, leur pays, la société dans laquelle ils vivent.

Cette tristesse nous parcourt avec la même intensité lorsque que ce sont nos frères humains lybiens, syriens, irakiens, ou afghans qui tombent sous cette violence.

 

Force est de constater que la déstabilisation du Moyen-Orient trouve ses origines dans la guerre d'Irak menée dès mars 2003. A l'époque, afin de légitimer leur intervention, les Américains, par la voix de leur président George W. Bush, ont déclaré que l'Irak disposait d'armes de destruction massive. Plus tard, il est apparu que ces mensonges n'avaient pour but que d'obtenir l'aval de l'ONU pour envahir l'Irak et masquer les véritables motifs de la guerre: s'emparer des immenses ressources en pétrole de l'Irak et établir la domination américaine au Moyen-Orient.

Néanmoins, la lutte contre le terrorisme qui méprise la vie humaine autant que la démocratie doit rester une priorité absolue.

Il convient toutefois d’attaquer le mal à la racine et d’en voir les causes profondes car les auteurs de ces abominables tueries n’ont pas nécessairement grandi dans le désert syrien ou dans les montagnes d’Afghanistan. Ils sont pour la plupart nés dans nos contrées, ont grandi dans nos communes et appris de la bouche de nos enseignants. Comment se fait-il qu’une partie de notre jeunesse trouve que la perspective de se faire griller la cervelle dans une guerre cruelle à des milliers de kilomètres de leur famille est meilleure que celle de vivre en paix dans une société qui se revendique des droits de l'homme? Pourquoi préfèrent-ils se faire exploser en tuant des innocents à tout autre engagement civique ?

Le capitalisme engendre le terrorisme. Les entreprises et les Etats réalisent un commerce juteux avec le terrorisme, notamment, par la vente d'armes. Au nom d'accords économiques, ils soutiennent les pays pétroliers qui financent ces milices de la peur.

Il faut oser faire le constat que notre société est malade de son système économique et politique. Ce système économique néo-libéral creuse les inégalités jusqu’à un point mortifère.

La radicalisation de certains jeunes n’en est qu’un des symptômes, tout comme l’augmentation du nombre de personnes vivant en dessous du seuil de pauvreté, l’accès de plus en plus difficile au logement, la criminalité, la délinquance financière, l’accroissement continu du chômage ainsi que le taux de suicide chez les jeunes.

Face à cette situation dramatique, nous devrions pouvoir compter sur de véritables femmes et hommes d’Etat tant au niveau national qu'européen. S’en trouvera-t-il une seule ou un seul pour prendre d’autres mesures que des initiatives sécuritaires et prôner autre chose que le repli nationaliste ou la fermeture des frontières ?

Il est urgent de construire une autre Europe pour plus d'internationalisme. Cela passera par le renforcement de la solidarité entre tous les citoyens européens mais aussi par une remise en cause des traités d’austérité et par la restructuration des dettes publiques. L’instauration d’une véritable démocratie demeure une absolue nécessité : la collectivité doit disposer des moyens pour construire son propre avenir.

L'idéal humain est-il d'accumuler des biens et du pouvoir ou plutôt de vivre le plus heureux et le plus longtemps possible parmi ses semblables dans le respect de son environnement.

Parmi les mesures prises pour arrêter les criminels et lutter contre le terrorisme, il doit plus que jamais être question d’une politique de l’emploi pour nos jeunes, et ce, quelles que soient leurs origines, de l’aide aux personnes âgées et fragilisées, de l’amélioration de l’enseignement et de l’éducation en général, du gel des exportations d’armes vers les pays impliqués dans les conflits, de la lutte contre la traite des êtres humains, de l'accueil des demandeurs d'asile et aussi d’une réflexion sur la nécessaire laïcité de l’Etat qui doit être le garde-fou du vivre ensemble dans une société qui se veut égalitaire tout en étant multiculturelle.

Ce moment de grande émotion et de tristesse qui traverse la planète entière doit nous guider pour trouver le chemin vers le monde de demain. Puisse-t-il être meilleur.