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Lettre ouverte à l'UCM et à la FEB

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Cher Monsieur Godefroid (Président de l’UCM), 
Cher Monsieur Timmermans (Administrateur délégué de la FEB),

C’est dans le cadre des travaux du Parlement européen sur une résolution d’accord de partenariat transatlantique sur le commerce et les investissements (Aussi connu sous l'acronyme anglais équivalent TTIP) que nous vous écrivons.

 

Comme de nombreux citoyens, nous partageons une inquiétude profonde face aux diverses menaces que pose un tel accord. Nos préoccupations, dont la protection de l’environnement, la santé publique, les droits civiques, l’agriculture, les droits des consommateurs et la protection des normes agricoles et alimentaires, le bien-être animal, les normes sociales, les droits des travailleurs, les droits des immigrés, le chômage, les jeunes et les femmes, le développement, l’accès du public à l’information et les droits numériques, les services publics essentiels dont l’enseignement, et d'autres…..

En effet vous ne pouvez ignorer les tractations qui se déroulent depuis 2013 dans le but d’obtenir encore plus de dérèglementation dans les modes de production et les échanges économiques entre les USA et l’UE. Les normes les plus basses seront prises en compte.

Entre autre, est prévu un tribunal arbitral qui permettra aux multinationales d’attaquer n’importe quel Etat (et ses plus petites composantes !) si les décisions prises remettent en cause leurs profits. Plusieurs milliards de dollars ont déjà été extorqués de par le monde y compris à de puissants Etats comme l’Australie, le Canada etc. Dans tous les cas les multinationales gagnent et pour cause, les tribunaux sont mis en places par ces mêmes entreprises avec l’accord des gouvernements.

Ce projet est essentiellement soutenu par les lobbies des grandes firmes transnationales, et on comprend aisément l’intérêt politique qu’il y a à convaincre les PME de rejoindre les rangs des supporters. Mais si on se penche sur ce qui est sur la table des négociations, qu’est-ce que le TTIP peut réellement offrir aux PME ?

Le MR se présente comme le parti défendant les PME et les indépendants, mais est grand partisan du TTIP.

En voulant privatiser au maximum et tout libéraliser, on risque de conduire les PME à la destruction. Elles seront remplacées par les multinationales américaines ou européennes qui seront les véritables gagnantes du TTIP. Surtout les américaines qui domineront plus encore le monde.

Nous savons très bien, que la plupart d’entre eux, bénéficieront d’une place au chaud au siège d’une de ces multinationales.

Notre gouvernement, par le biais de l’austérité, met actuellement en place ce que le TTIP nous imposera plus tard.

La dérégulation des marchés qui sera totalement mise en place légalement et généralisée, ne permettra pas à nos entreprises de rivaliser avec ces multinationales aux moyens financiers colossaux.

Le gouvernement de droite veut nous faire croire que la concurrence permettra à nos PME, d’augmenter leur chiffre d’affaire, mais c’est sans compter qu’elles éprouvent déjà de nombreuses difficultés à affronter la concurrence instituée par l'ouverture des marchés.

85% des nouveaux emplois en Europe au cours des années 2000 ont été créés par des PME. On ne peut dès lors que s’étonner du fait que la Commission européenne présente le TTIP comme sa principale initiative pour relancer l’emploi en Europe.

Les PME sont dans leur grande majorité soit mal informées, soit indifférentes aux enjeux. Elles estiment qu’elles ne seront pas traitées sur un pied d’égalité avec leurs concurrentes de plus grande taille en raison de la complexité de la procédure (il faut pouvoir s’appuyer sur des juristes pointus) et de son coût (qui est estimé à environ 8 millions d’euros, ce que peu de PME peuvent se permettre de débourser).

En fin de compte, le TTIP renforcera le commerce bilatéral. En effet, les secteurs européens qui exportent aux Etats-Unis sont les mêmes que les secteurs américains qui exportent en Europe. Ce commerce sera laissé aux mains des grandes entreprises qui, comme on le sait disposent de bien plus de facilités et d’atouts pour s’imposer sur des marchés étrangers au détriment des PME européennes.

Les aides de nos Etats pour réduire le coût du travail n’est donc qu’un leurre !

Le discours incitant à créer un marché plus grand pour sortir de la crise, est totalement faux.

On l'a déjà fait en Europe entre 1986 et 1993, en créant le "Marché européen".

A l'époque les arguments étaient sensiblement les mêmes.

Le marché unique européen existe depuis 1993. Après plus de 30 ans de recul, si ça fonctionnait, nous serions en pleine période de prospérité et de création d'emplois.

Hélas, ce n'est pas le cas !

L’impact est aussi négatif pour les petites entreprises et les petits indépendants. Ils n’auront aucune chance de survivre quand ils seront en concurrence dans un même secteur d'activité, avec ces empires marchands aux chiffres d'affaires colossaux.

Il en va de l’intérêt de tous !

Nous attendons avec impatience vos commentaires et votre décision en prenant une position ferme sur ce sujet.

=> Retrouvez notre dossier complet ici

Joël Dachelet
Co secrétaire du Mouvement de Gauche pour l’arrondissement Dinant-Philippeville
Contact : 0473/757 295